[Extrait] C’est toujours la démocratie qui fusille le prolétariat
Guerre de Classe

 
 
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La démocratie du capital, c’est le pire esclavage.

Parce que, qu’est-ce que la démocratie ? C’est ce qui nous réduit à être un automate, un sujet solipsiste, dans l’échangisme universel de la valeur d’échange (politique, syndicale, économique…). Dans la démocratie, je suis rompu en mon humanité ; je ne suis plus qu’un atome narcissique auto-décisionnel. Mais auto-décisionnel de quoi ? De mes désirs marchands. C’est le désir marchand auto-décisionnel qui fait chacun d’entre nous une épave circulatoire sur le marché de la démocratie de la reproduction du capital.

Donc : Vive le communisme ! À bas la démocratie ! Parce que la démocratie s’est toujours l’argent et l’État. Nous détruirons l’État et nous détruirons l’argent. Nous détruirons la dictature démocratique. La dictature démocratique, c’est Assange qu’on va faire mourir. Quand on veut faire mourir Assange, et qu’on lui dit : « Silence ! Tais-toi ! On ne veut plus que ça circule ! », c’est la démocratie.

Mais les pires défenseurs de la démocratie, c’est effectivement toutes ces sectes gauchistes qui vous disent : « Mais ça c’est pas la bonne démocratie ! C’est une fausse démocratie ! La vraie démocratie, nous on connaît : ce sera une démocratie où les gens gèreront eux-mêmes leurs affaires. » Oui : ils gèreront eux-mêmes leurs affaires marchandes dans des usines de merde, dans des territoires paysans de merde (le vieux slogan anar débile : « Ouvrier, prends l’usine ! Paysan, prends la Terre ! »), puis entre les deux, ben y’aura des étalons monétaires pour comparer ce qu’on fait dans les usines et ce qu’on fait dans les campagnes, et y’aura des assemblées politiques démocratiques directes — la démocratie directe du capital !

C’est donc tout ce poison-là qu’il faut foutre en l’air. La démocratie… Rappelez-vous toujours ce que disaient Marx et Engels : l’étendard de la démocratie sera le dernier étendard de la réaction quand elle nous fusillera au moment ultime de la lutte de classe radicale. À Barcelone, c’est au nom de la démocratie qu’on a massacré les ouvriers de la CNT et du POUM qui refusaient d’obéir à leurs bureaucraties. C’est toujours la démocratie qui fusille ! C’est la démocratie qui a fusillé en juin 48, c’est la démocratie — la social-démocratie — qui a fait crever Rosa Luxembourg et les camarades spartakistes.

C’est toujours la démocratie qui fusille le prolétariat.

Francis Cousin, Radio GDC : Réveil de la Vieille Taupe des luttes de classe radicale. Bilan 2019, @1:54:42, 28 décembre 2019
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