[Extrait] Fictivité bancaire et économie réelle
Guerre de Classe

 
 
00:00 / 3:01
 
1X
 

Vous avez aujourd’hui sur Internet une production à foison de vidéos ou d’émissions sur la banque, sur la crise bancaire, et le point commun de toutes ces émissions-là, c’est la dénonciation de la fictivité bancaire, c’est la dénonciation de l’autonomisation bancaire et financière, mais pour retrouver une « économie saine ».

Or, c’est « l’économie saine » qui a créé la fictivité bancaire, c’est pas l’économie malsaine ! Cette idée que tout est devenu malsain parce que la banque et la finance se sont autonomisées, c’est ne rien comprendre au fait qu’il n’y a pas d’autonomie en domination réelle, parce que l’industrie et la réalité financière sont la même.

Et d’ailleurs, j’engage tous nos auditeurs à lire le Livre III du Capital et à lire le 6e Chapitre, ils y apprendront que, en domination réelle, — c’est-à-dire dans le temps de la marchandise achevé aujourd’hui : Marx a prévu cela, ce qui se réalise au XXIe siècle, il l’a prévu dans les textes de 1868-1878 — le propre de la domination réelle, puisque la baisse du taux de profit est en crise permanente, c’est que le capital financier s’empare du capital industriel. La domination réelle, contrairement à la domination formelle, c’est la version… — en domination formelle, le capital industriel exerce une surdétermination sur le capital financier, même si le capital financier a déjà effectivement une envergure montante — mais le propre de la domination réelle achevée, dans la décadence actuelle, et dans la décomposition ultime, c’est que : il y a phagocytose du capital industiel par le capital financier. Et non pas parce qu’y’a une folie d’autonomisation, mais parce que cette autonomisation est la logique même de la baisse du taux de profit.

Donc celui qui ne comprend pas la baisse du taux de profit en tant que baisse du taux d’exploitation, en tant de baisse du rapport de rentabilité — qui résulte de l’exploitation, et donc de la scène de la lutte de classe prolétariat-capital — ne comprend rien à la crise bancaire, ne comprend rien à la crise monétaire, parce qu’il peut pas comprendre pourquoi la fictivité devient le cœur de l’économie réelle. Y’a pas : l’économie réelle et la fictivité ; en domination réelle, le cœur de l’économie réelle, c’est la fictivité du capital par cette crise permanente et gigantesque qui produit l’autonomisation financière, mais une autonomisation financière qui est déterminée par la baisse du taux de profit.

Et c’est ça qui va se passer. Et pourquoi le capital a la trouille ? Pourquoi le capital est dans un tel marasme ? Pourquoi y’a ces ré-injections massives ? Pourquoi y’a les taux d’intérêt négatifs ? Pourquoi justement tout s’emballe, tout se grippe, tout dérape ? Parce que, aujourd’hui, la saturation des marchés, la baisse du taux de profit ont atteint des seuils historiques qui rendent le capital dans l’incapacité de pouvoir reproduire son mouvement.

Il va se passer des choses délirantes ! Et il va se passer des luttes de classes brûlantes !

Francis Cousin, Radio GDC : Réveil de la Vieille Taupe des luttes de classe radicale. Bilan 2019, @46:03, 28 décembre 2019
0

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *